Histoire des bibliothèques : d’Alexandrie aux bibliothèques virtuelles

Les livres parlent au livres et transmettent inlassablement la Parole égrenée pour réunir ces vérités éparses…

De Midi à Minuit

J’ai toujours aimé les Bibliothèques. Je les trouve fascinantes, riches, pleines de mystère, et porteuses de tellement d’Histoire que je pourrais passer des heures à observer ce qui en orne les étagères.

Voici une vidéo d’une conférence qui en retrace l’Histoire, un débat autour du livre de Frédéric Barbier « Histoire des bibliothèques : d’Alexandrie aux bibliothèques virtuelles », avec Emmanuelle Chapron, dans le cadre du cycle « Les Mardis de l’École des chartes ».

C’est passionnant.

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Peintre, regarde-moi … 3 : peut-être, la femme en bleu lisant une lettre, Johannes Vermeer

Anna Jouy

Les Cosaques des Frontières

Woman reading a letter, by Johannes Vermeer

Femme, tu me ressembles, n’est-ce pas…? Penchée, attentive dans le secret de ta chambre, cabinet de lumières, tu cherches le soleil, tu vas apprendre, tu veux savoir.

Tu l’as attendue peut-être cette lettre, tu l’as espérée peut-être, et la voilà, t’extirpant de toi-même, de la lourdeur, de la pesanteur de qui tu es. Tu la tiens haut contre toi et je devine ainsi l’importance que tu lui accordes, tes mains ouvrant les parenthèses de cet instant figé entre deux autres: ce que tu ignores encore et ce que tu vas savoir.

Tu te penches pour lire le message, tu ouvres ton corps pour recevoir la nouvelle, disposée pour ce qui arrive.

Tout le tableau s’enroule autour de ce cœur de papier entre tes doigts, pareille blancheur, pupille immaculée au centre de l’image… Et toi aussi, jeune femme en vareuse bleue, au ventre rond portant l’avenir, tu baisses la tête…

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Francis

Lire, écouter, écrire…

Les Cosaques des Frontières

La mort ne se trimballe jamais qu’à la première personne, une identité de corps et d’âme. Quelque chose d’elle germe dedans les frises de tout souffle. Quand elle a œuvré aussitôt lâche prise- c’est la métamorphose- et cherche ses nouveaux nids.

La mort se faufile aux chairs des vivants encore. Des bribes, des dires, la disparition dissémine, mille morceaux sanglants. Mille aiguilles, je suis contaminée et d’autres et d’autres…

Royo ! Royo ! C’est un cri de conquête. C’est de la pluie qui monte monte monte ! Le ciel en est trempé.

–          Je t’écoute

Ta constellation triste, ce point d’étoile qu’on a dedans, le plexus vibre douleurs. Je te connais un peu, puisque je meurs avec lenteur du mal que tu me donnes, celui des statues, des effigies de bronze, et celui de ce «  grain léger » tu dis laisser.

–          Ne te fais pas des soucis

La mort, on prend le…

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Thalhy: » Je ne veux pas « 

  • Je ne veux pas me rendre là bas! Je n’aime pas cette cité et son agitation pleine d’effluves nauséabonds.
  • Nous devons partir au soleil levant.
  • Hippia est épuisée, elle ralentira son pas et nous aurons froid.
  • Nos chevaux sont puissants et résistants, ils traverseront la forêt.
  • Mais cette forêt est maléfique! La nuit des lucioles dansent autour d’étranges créatures. Elles murmurent des sortilèges que les vents emportent et sèment comme des graines dans le cœur de leurs victimes !
  • Ahmèsia, je ne sais toujours pas pourquoi notre mère t’a donnée ce prénom mais il te va très bien ! Tu es une Déesse Lune rebelle et têtue ! Et arrête d’écouter la rumeur. La glaise de la peur alourdit le cœur et aveugle les mots.
  • Je ne veux pas Thalhy. Je ne veux pas !
  • Nous n’avons pas le choix, tu sais que nous devons partir. Après le mariage plus rien ne pourra nous atteindre.
  • La vérité est que tu veux la retrouver elle! Crois tu l’emmener avec nous ? Crois tu qu’elle te suivra ? Tu te trompes Thalhy, jamais elle ne le fera.
  • Le feu est presque éteint et n’oublies pas de déposer les offrandes à nos Dieux. Ils nous protègerons.
  • Tu ne veux pas me répondre ?
  • Je vais préparer Hippia et Hyksos pour le voyage. Finis et va dormir, la nuit sera courte.

A peine ouverte, la lourde porte en bois laissa entrer un air glacial et perçant comme une aiguille. Thalhy rentra la tête dans ses épaules et se courba pour lutter contre les flocons qui s’affolaient dans tous les sens. Il n’aimait pas cet hiver là, annonciateur d’incertitude et d’étranges phénomènes. Pourquoi ces lettres insensées qu’il ne comprenait toujours pas, ce changement de ton, ces déclarations insolentes ?! Que lui cachait-elle ? Peut-être un danger qu’elle n’osait lui avouer ? Et si Ahmèsia avait raison ? Le doute tordait toutes ses viscères et il finirait par ne plus rien avoir à offrir à Anubis pour son grand voyage au delà des terres. Malgré sa taille et la petite distance à parcourir jusqu’à la cabane, son corps s’enfonçait du tiers dans l’épais et humide tapis blanc qui pénétrait ses os jusqu’à la douleur. Les chevaux se tenaient l’un contre l’autre. Ils souffraient aussi et Thalhy hésita un instant sur sa décision. Ils prit d’autres couvertures et remonta un mur de paille pour les protéger du froid. Non, décidément il ne se laisserait pas dissuader. Si elle lui mentait, il devait savoir. Quant au mariage il devait avoir lieu. Au mois de Méchir son ami Nakao les emmènerait sur la trirème et il pourrait enfin en découdre avec les chiens de Seth! Laurens Ricci @

Gold Isles - LR

Les Iles Sanguinaires-Laurens Ricci Photographie

 

 

 

 

 

L’envers du temps…Louis Aragon

Aragon par Robert Doisneau

Louis Aragon photographié par Robert Doisneau

 « … J’appelle poésie cet envers du temps, ces ténèbres aux grands yeux ouverts, ce domaine passionnel où je me perds, ce soleil nocturne, ce chant maudit aussi bien qui se meurt dans ma gorge où sonne à la volée les cloches de provocation…

J’appelle poésie cette dénégation du jour, où les mots disent aussi bien le contraire de ce qu’ils disent que la proclamation  de l’interdit, l’aventure du sens ou du non-sens, ô paroles d’égarement qui êtes l’autre jour, la lumière noire des siècles, les yeux aveuglés d’en avoir tant vu, les oreilles percées à force d’entendre, les bras brisés d’avoir étreint de fureur ou d’amour le fuyant univers des songes, les fantômes du hasard dans leurs linceuls déchirés, l’imaginaire beauté pareille à l’eau pure des sources perdues…

J’appelle poésie la peur qui prend ton corps tout entier à l’aube frémissante du jouir…

Par exemple. l’amour       l’amour      l’amour         l’amour           l’amour… »

Aragon, J’appelle poésie cet envers du temps, dans Œuvres poétiques complètes, II, édition publiée sous la direction d’Olivier Barbarant, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2007, p. 1407.

 

Chambres

Un bras autour de toi

Le second sur mes yeux

L’un t’empêche de fuir

L’autre maintient mes songes

Ce lieu fermé de nous

Soudain si je m’éveille

Du sommeil des voleurs

La nuit noire m’y noie

Tout m’est plus que mémoire

À ce moment d’oubli

Dans la forêt du lit

Tout n’est plus que murmure

Et notre tragédie

Au long jeu de dormir

À demi-mots amers

L’obscurité la dit

Absente mon absente

Si faussement que j’ai

Dans mes bras étrangers

Comme une image peinte

Absente mon absente

Si faussement plongée

En mes bras étrangers

Comme une image feinte

J’ai des yeux pour pleurer

Quelle que soit la chambre

Les plafonds s’y ressemblent

Pour être malheureux

Ailleurs sans doute ailleurs

Aussi bien qu’où je suis

Oreille à tous les bruits

Qui braillent le malheur

Au grand vent dans un port

Comme un amant quitté

Au bout de la jetée

Espère et désespère

Et les barques à sec

La grève à marée basse

Et là-bas de mer lasse

Échoués les varechs

[…]

Aragon, Les Chambres, Poème du temps qui ne passe pas

Éditeurs Français Réunis, 1969, p. 25-27

Encre

Thierry Venturini Dune

Thierry Venturini Photographie Dune

Encre bleue

Sable Brun

Regard bleu

Regard brun

Papier clair de mes nuits

Papier chair qui m’oublie

Encre douce à mes jours

Sous la porte glissée,

Une lettre de lui

Que j’aime

Dé-cacheter.

Laurens Ricci @

Volutes bleues crachées

Thierry Venturini Volutes

Thierry Venturini Photographie Volutes

Volutes bleues crachées dans le ciel métallique.

Souffle oppressé de l’eau.

Cris pointus, retenus

A l’intérieur du corps.

Vagues d’épines qui écorchent les mots.

Solitude

Bouche de sang.

Flot d’amertume

Déréliction de l’âme qui craque en veines écume sur sa peau de chagrin.

Horizon de l’obscur

Enfermement

Solitude.

Laurens Ricci @